Portions
2
Préparation
1h
Cuisson
10m
Type
Plat Principal
Cuisine
Thaïlande
Auteur
Olivier Albiez
Source
Adapté de Pailin Chongchitnant (Hot Thai Kitchen) et Eating Thai Food (eatingthaifood.com)

Régime : Celery-Free Dairy-Free Gluten-Free Lupin-Free Mollusc-Free Mustard-Free Nut-Free Sesame-Free Sulphite-Free

Allergènes : Crustaceans Eggs Fish Soybeans Peanuts

Histoire

Un plat moderne devenu icône

Contrairement à sa réputation, le pad thaï n’est pas un plat thaï ancien. Il a été inventé dans les années 1930-1940 sous le gouvernement du maréchal Phibun pour promouvoir l’identité nationale thaï et réduire la consommation de riz en période de rationnement. Il est devenu depuis l’un des plats les plus représentatifs de la cuisine thaï moderne, particulièrement dans le registre street food et export.

Les nouilles ne se bouillent pas

L’erreur française la plus répandue est de bouillir les nouilles de riz comme des pâtes italiennes. Le pad thaï canonique utilise des sen lek (nouilles de riz plates, environ 3 mm) réhydratées à l’eau froide 30 à 60 minutes. Elles finissent leur cuisson au wok, dans la sauce, qu’elles absorbent. Bouillies, elles collent irrémédiablement et perdent leur mordant.

Sauce canonique

Trois piliers obligatoires, par ordre d’importance :

  1. Tamarin (makham piak) — acidité ronde-fruitée. Pâte à diluer ou concentré. Le jus de citron n’est pas un substitut acceptable.
  2. Sucre de palme (nam tan tanot) — rondeur caramélisée. Le sucre blanc rend le pad thaï plat et sucré au premier degré.
  3. Sauce poisson (nam pla) — salé umami fermenté. Pas de nuoc-mâm (vietnamien) ni de sauce soja (change radicalement le goût).

Ingrédients signatures souvent oubliés en Occident

  • Crevettes séchées (goong haeng) — petits grammages écrasés, apportent de l’umami marin profond
  • Radis mariné salé (chai po, hua pak kad kem) — note saline-fermentée, texture crunchy
  • Tofu ferme jaune préfrit (taohu daeng) — pas du tofu frais, mais du tofu déjà poêlé à l’huile de palme et coloré au curcuma
  • Ciboule chinoise (kuichai) — pas de la ciboule européenne, pas de la ciboulette

Pailin donne des substituts occidentaux acceptables (voir les notes), mais le résultat gagne énormément en profondeur avec les versions authentiques.

Pour aller plus loin

Voir les erreurs courantes du guide thaï pour les contresens sur le pad thaï, et les techniques fondamentales pour le wok et les 4 saveurs.

Ingrédient Quantité
nouilles de riz plates sen lek (sèches, environ 3 mm de large) 150 g
pate de tamarin (ou tamarind concentrate dilué dans un peu d’eau) 45 g
sucre de palme (râpé si en bloc) 45 g
sauce poisson (nam pla) 30 ml
crevettes crues decortiquees (calibre 21/25) 200 g
tofu ferme prefrit (taohu daeng, à défaut tofu ferme classique poêlé à l’huile jusqu’à coloration dorée) 80 g
crevettes sechees (goong haeng, se trouvent en épicerie asiatique) 10 g
radis marine sale (chai po, préserved radish — à défaut, omettre, ne pas remplacer par cornichons) 10 g
oeufs 2
pousses de soja fraiches (moong bean sprouts) 100 g
ciboule chinoise (kuichai) 30 g
gousses d ail 3
cacahuetes grillees nature 30 g
citron vert 1
flocons de piment (phrik pon, à côté) 2 g
huile neutre 30 ml

Trempage des nouilles

  1. Placer les nouilles de riz plates sen lek150 g dans un grand saladier d'eau froide. Laisser réhydrater , jusqu'à ce que les nouilles soient souples mais encore fermes.
    nouilles de riz plates sen lek150 g
  2. Égoutter juste avant la cuisson, les nouilles doivent être prêtes à être sautées.

Préparation de la sauce

  1. Dans un petit bol , dissoudre 3 càs de pate de tamarin45 g avec 3 càs de sucre de palme45 g et 2 càs de sauce poisson30 ml .
    pate de tamarin45 g sucre de palme45 g sauce poisson30 ml
  2. Chauffer légèrement au micro-ondes ou au bain-marie pour dissoudre complètement le sucre de palme. La sauce doit avoir une texture épaisse, légèrement sirupeuse. Réserver.

Mise en place

  1. Décortiquer les crevettes crues decortiquees200 g et retirer le boyau noir. Éponger.
    crevettes crues decortiquees200 g
  2. Couper le tofu ferme prefrit80 g en dés de 1 cm.
    tofu ferme prefrit80 g
  3. Hacher grossièrement 2 càs de crevettes sechees10 g .
    crevettes sechees10 g
  4. Hacher 1 càs de radis marine sale10 g .
    radis marine sale10 g
  5. Casser 2 oeufs2 dans un petit bol, battre légèrement à la fourchette.
    oeufs2
  6. Préparer 100 g de pousses de soja fraiches100 g . En réserver un tiers cru pour le service.
    pousses de soja fraiches100 g
  7. Couper 3 brins de ciboule chinoise30 g en segments de 3 cm. À défaut, utiliser le vert de ciboule classique.
    ciboule chinoise30 g
  8. Peler et hacher finement 3 gousses d ail3 .
    gousses d ail3
  9. Concasser au couteau 30 g de cacahuetes grillees nature30 g , non salées. Réserver.
    cacahuetes grillees nature30 g
  10. Préparer les garnitures de service : 1 citron vert1 en quartiers, flocons de piment2 g .
    citron vert1 flocons de piment2 g

Cuisson

  1. Chauffer un wok à feu très vif avec 2 càs d'huile neutre30 ml jusqu'à ce qu'elle fume légèrement.
    huile neutre30 ml
  2. Faire sauter l'ail haché , juste pour parfumer.
  3. Ajouter le tofu préfrit, les crevettes séchées et le radis mariné. Sauter à feu vif .
  4. Pousser l'ensemble sur un côté du wok, verser les œufs battus au centre. Laisser prendre sans toucher, puis brouiller en gros morceaux à la spatule.
  5. Ajouter les crevettes crues. Sauter à feu vif jusqu'à ce qu'elles commencent à colorer.
  6. Ajouter les nouilles égouttées. Mélanger énergiquement avec deux spatules en soulevant pour bien séparer les nouilles .
  7. Verser la sauce tamarin-sucre-nam pla. Mélanger en soulevant constamment , le temps que les nouilles absorbent la sauce et finissent de cuire. Elles doivent devenir ambrées, souples mais encore légèrement mordantes.
  8. Ajouter les deux tiers des pousses de soja et la ciboule chinoise. Sauter , les pousses doivent rester croquantes.
  9. Hors du feu, ajouter la moitié des cacahuètes concassées, mélanger.

Service

  1. Dresser dans deux assiettes chaudes. Parsemer du reste de cacahuètes.
  2. Déposer à côté : les pousses de soja crues réservées, deux quartiers de citron vert, un petit tas de flocons de piment.
  3. Chacun presse le citron sur sa portion, saupoudre de piment à sa convenance, et mélange les pousses crues au fur et à mesure pour conserver leur fraîcheur.

Portion idéale wok : le vrai pad thaï se cuisine deux portions à la fois dans un wok domestique très chaud. Pour quatre personnes, faire deux fournées successives — un wok surchargé donne des nouilles cuites à la vapeur, pas sautées. L’approvisionnement en mise en place (bowls déjà prêts) permet d’enchaîner rapidement.

Variante poulet : remplacer les crevettes crues par 200 g de poitrine de poulet émincée en lamelles. Même ordre, cuire 2 minutes au lieu d’une.

Variante végétarienne (jay) : remplacer crevettes et crevettes séchées par 150 g de tofu ferme en plus (300 g de tofu au total), remplacer la sauce poisson par 2 càs de tamari + 1 càc de miso brun dilué. Supprimer le radis mariné s’il contient des traces de poisson.

Choix du tamarin : la pâte de tamarin frais pressée (fait à partir de pulpe réhydratée) a un goût bien plus profond que le tamarind concentrate industriel. Les deux marchent, mais la pâte frais vaut l’investissement si on fait souvent le plat.

Pousses de soja fraîches : non négociables. Le pad thaï en met beaucoup, cru au service pour l’herbacé frais et le croquant. Les pousses en conserve ne conviennent pas (molles et métalliques).

Variante nouilles manquantes : à défaut de sen lek, les tagliatelles asiatiques fraîches peuvent faire l’affaire (ne pas réhydrater, les ajouter directement) ou des linguine italiennes al dente en dernier recours — mais le résultat s’éloigne.