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title: Coquilles végétaliennes façon Mile Pupovac
description: |
    Transformation du daikon en « noix de Saint-Jacques » : dashi
    long au kombu, shiitakés et cèpes séchés (24 h), cuisson lente
    dans le dashi filtré aux zestes de citron, déshydratation
    intermédiaire, saisie finale au beurre monté à l'ail et au
    thym façon Saint-Jacques classique. Texture souple-fondante
    et registre gustatif proche du coquillage.
author: Mile Pupovac
course: entrée
cuisine:
    - Europe
diet:
    - vegan
    - vegetarian
allergens: []
tags:
    - experimental
    - dehydrated
servings: 4
time:
    prep: 45m
    cook: 25h
background: |
    ## Ce qui rend cette recette convaincante

    Trois choix techniques cumulés font basculer le daikon dans le
    registre gustatif de la Saint-Jacques :

    1. **Trio umami dashi** — kombu (glutamates), shiitakés séchés
       (nucléotides), cèpes séchés (note terreuse). Les trois se
       potentialisent, saturation umami maximale.
    2. **Déshydratation intermédiaire** — étape la plus originale.
       Après cuisson dans le dashi, la tranche a absorbé beaucoup
       d'eau. Le déshydrateur à 70 °C sèche la surface et concentre
       les arômes, sans perdre le fondant du cœur. Résultat : à la
       poêle, la saisie est instantanée (surface sèche = Maillard)
       et la texture rappelle la souplesse-fondante d'une Saint-Jacques.
    3. **Finition beurre-ail-thym arrosé** — c'est le geste
       Saint-Jacques classique de la brasserie française. Cette
       dernière étape transfère le radis dans le registre gustatif
       du coquillage cuisiné à la française.

    ## Choix du radis

    Le daikon (radis blanc long japonais) est le bon choix : doux,
    texture régulière, calibre suffisant pour tailler des coquilles
    épaisses.

    ## Filiation

    Même méthode que les [carottes fumées-glacées façon Pupovac](/recipes/plats/legumes/carottes-fumees-glacees-facon-mile-pupovac/) :
    transformation d'un légume racine sur plusieurs jours par
    trempage/marinade + cuisson lente + concentration. Voir aussi
    l'article [charcuterie végétale](/ressources/guide-cuisine-vegan/charcuterie-vegetale/)
    du guide vegan.
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== Jour 1 — Dashi long ==

Dans un #bocal hermetique{}, verser 2 L d'eau froide et ajouter le @kombu{30%g}(essuyé avec un chiffon sec, ne jamais rincer), les @shiitakes seches{30%g} et les @cepes seches{10%g}.

Fermer et laisser infuser au #réfrigérateur{} ~{24%heures}. L'infusion à froid extrait le maximum d'umami sans amertume.

Ce volume permet de couvrir les tranches pour la cuisson et de garder assez de dashi pour préparer la sauce d'accompagnement en réduction.

== Jour 2 — Découpe des coquilles ==

Peler le @daikon{1.5%kg}(gros, calibre régulier) et le couper en tranches de 2,5 cm d'épaisseur — viser une vingtaine de « coquilles ».

Sur une face de chaque tranche, pratiquer un quadrillage superficiel de 3-4 mm de profondeur, comme pour une véritable noix de Saint-Jacques. Cette face recevra la saisie finale.

== Cuisson dans le dashi ==

Préchauffer le #four{} à 150°C.

Filtrer le dashi au #chinois{} ou au #filtre a cafe papier{}, presser légèrement les champignons pour extraire le liquide. Réserver les champignons pour un autre usage.

Disposer les tranches de daikon dans un #plat allant au four avec couvercle{}(les tranches doivent être en une seule couche). Verser le dashi filtré à mi-hauteur des tranches.

Couvrir et enfourner ~{75%minutes} à mi-hauteur. Retourner les tranches à mi-cuisson et ajouter les zestes fins d'un @citron jaune{1}(non traité, uniquement le zeste jaune, éviter le blanc amer) répartis dans le bouillon.

== Déshydratation ==

Retirer les tranches délicatement à l'écumoire, les égoutter sur du papier absorbant.

Les disposer sur les grilles d'un #deshydrateur{}. Programmer à 70°C ~{75%minutes}. Le daikon doit devenir souple, tendre, et sa surface sèche au toucher — sans se rétracter excessivement.

Le bouillon restant peut être réduit et servir de sauce (voir note).

== Saisie et service ==

Dans une #poele en fonte{} bien chaude, verser 1 càs d'@huile neutre{15%ml}.

Poser les coquilles côté quadrillé vers le bas. Saisir à feu vif ~{2%minutes} sans y toucher jusqu'à belle coloration brune sur les incisions.

Retourner. Ajouter le @beurre{30%g}(ou beurre végétal, en dés), les @branches de thym{3} et les @gousses d ail{2}(en chemise, écrasées).

Arroser les coquilles à la cuillère avec le beurre mousseux pendant ~{2%minutes}. Le beurre doit noisetter légèrement, pas brûler.

Servir immédiatement, deux à cinq coquilles par personne selon le rôle (dégustation, entrée, plat).

> Sauce d'accompagnement : réduire le bouillon de cuisson filtré à feu vif jusqu'à consistance sirop léger — environ un cinquième du volume, la sauce doit napper la cuillère. Monter au beurre froid en dés hors du feu (30 g pour 100 ml de réduction). Rectifier en sel si nécessaire. Napper les coquilles au service.

> Dressage entrée gastronomique : une purée de céleri-rave ou de topinambour comme lit, trois coquilles au-dessus, quelques gouttes de sauce dashi réduite, une pluche de cerfeuil ou d'oxalis, une pointe de zeste de citron râpé.

> Note technique déshydratation : à 70 °C 75 min, la texture obtenue est souple-fondante, très proche du coquillage. Prolonger jusqu'à 90 min si la surface est encore humide. Ne pas dépasser — au-delà, la coquille se contracte et perd son moelleux central.

> Variante fumée : ajouter 5 min de fumage à froid au bois de pommier après la déshydratation, avant la saisie. Rapproche du registre Saint-Jacques grillée-fumée.

> Sur le kombu : ne jamais le rincer (les cristaux blancs à la surface sont du glutamate, à préserver). Ne pas presser fort au moment de filtrer, sinon amertume.

> Les shiitakés et cèpes réhydratés récupérés ne se jettent pas : hachés fin et sautés au beurre, ils font une garniture excellente, ou entrent dans une farce ou un risotto.
